Synthese : Les religions et les éthiques peuvent-elles sauver la finance mondiale ?

le 3 avril 2012 à « La Boutique », 19, rue Trousseau 75011 Paris

Intervenants :

  • Tarik Bengarai ,hafiz, chercheur en droit musulman et en finance, porte-parole du Comité Indépendant de la finance islamique en Europe (CIFIE), diplômé EPHE, ingénieur ENPC, MBA Finance à l’IAE.
  • Bertrand du Marais, Professeur à l‘Université Paris Ouest, Co-auteur du « manifeste de financiers chrétiens atterrés » (PJ), ancien élève de l’ENA
  • Gaël Giraud, Jésuite, chercheur au CNRS (Centre d’Economie de la Sorbonne), ancien élève de l’ENS-Ulm, co-auteur de Vingt Propositions pour réformer le capitalisme, et de Le Facteur 12 – pourquoi il faut plafonner les revenus.
  • Jean-François Lévy bureau de la Fraternité d’Abraham, Mouvement juif libéral de France

Animateur : Marc Lebret, Carrefour de mondes et des cultures

Sommaire :

0) Introduction
1) Ce que nous dit la théologie
2) La Finance islamique
3) La crise financière actuelle et le cas de la Grèce
4) Propositions

Les enregistrements audio et vidéo complets sur disponibles sur : www.carrefourdesmondesetdescultures.org

En introduction, Marc Lebret explique le choix du thème pour la conférence-débat.

D’une part, le monde vit une crise financière grave depuis 2007. Cette crise semble à peu près surmontée à très court terme, mais est loin d’être réglée sur le fond. Le développement des marchés financiers et leur absence de transparence, la dérégulation alliée à l’exigence de rendements élevés et à la spéculation, l’endettement excessif des Etats occidentaux ont provoqué des déséquilibres importants. Des Etats dont la Grèce ont été au bord de la cessation de paiement. En toile de fond, la question des valeurs joue un rôle important : l’avidité, la cupidité individuelle ou collective (au niveau des entreprises), la préoccupation de l’avoir plutôt que de l’être, semblent à la racine de ces déséquilibres.

D’autre part, le monde de la finance a vu l’émergence ces dernières années de la finance islamique. Son potentiel de 5.000 milliards d’euros représente d’ores et déjà 1% de la finance mondiale et sa croissance est rapide. Elle se base sur des principes comme la non-spéculation liée au hasard, le refus de produits dérivés classiques et l’adossement des prêts à l’économie réelle. Les prêts à intérêt sont interdits [comme pour la Torah et la Bible] et remplacés par d’autres véhicules : la location du bien à un tiers financier ou bien le Principe de Partage des Pertes et des Profits (4P).

Le rapprochement de ces 2 faits conduit à s’interroger sur le rôle possible des religions par rapport à la finance. Comme les religions n’ont pas le monopole des valeurs, le thème inclut les éthiques laïques.

(suite…)

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